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Il se passe quelque chose d’intéressant dans les jardins potagers cette année. Les graines de variétés anciennes s’arrachent dans les jardineries, les échanges entre voisins se multiplient, et les potagers voient fleurir des plantes que l’on n’avait plus vues depuis des générations. Le retour des légumes oubliés est bel et bien lancé.
Entre la volonté de manger local, le désir de redécouvrir des saveurs authentiques et l’envie de préserver un patrimoine culinaire précieux, les jardiniers amateurs comme confirmés replongent dans l’histoire de nos jardins. Voici un tour d’horizon de ces trésors végétaux qui font leur grand retour.
Le panais, le grand oublié des potagers modernes
Avant que la pomme de terre ne débarque en Europe, le panais régnait en maître sur les tables paysannes. Cette racine blanche à la saveur légèrement sucrée et noisettée avait quasiment disparu des jardins depuis le XIXe siècle. Pourtant, sa facilité de culture et ses qualités nutritionnelles en font un légume absolument remarquable.
Le panais se plante dès le mois de mars, directement en pleine terre dans un sol profond et bien drainé. Il apprécie les sols légers, légèrement sableux, qui permettent à ses racines de se développer sans obstacle. La récolte intervient à l’automne, voire en hiver, car le froid améliore encore sa saveur en transformant une partie de son amidon en sucre.
En cuisine, il se prépare en purée, en soupe veloutée, rôti au four avec un filet de miel ou encore en gratin. Les jardiniers qui l’ont réintroduit dans leur potager ne peuvent plus s’en passer, tant ses usages culinaires sont variés et délicieux.
Le topinambour, la star inattendue du potager
On lui prêtait autrefois une mauvaise réputation, héritée des années de disette où il constituait l’un des rares aliments disponibles. Aujourd’hui, le topinambour est pleinement réhabilité et trône fièrement dans les jardins tendance. Sa chair croquante au goût d’artichaut séduit de nouveau les palais curieux.
Sa culture est d’une simplicité déconcertante. Il suffit d’enterrer quelques tubercules en mars ou avril, dans n’importe quel type de sol, même pauvre, et la plante fera le reste. Elle peut atteindre deux mètres de hauteur et produire des fleurs jaunes décoratives qui attirent les pollinisateurs. Attention cependant à bien délimiter son espace, car il a tendance à coloniser le terrain.
La récolte s’étale d’octobre à février, ce qui en fait un précieux légume d’hiver. Il se consomme cru en salade, sauté à la poêle, en velouté ou même en chips croustillantes. Une vraie redécouverte pour les amateurs de saveurs originales.
La scorsonère, la reine méconnue des racines anciennes
Peu de jardiniers connaissent encore la scorsonère, pourtant elle fut longtemps considérée comme un mets raffiné dans les grandes tables européennes. Cette longue racine noire cache sous sa peau sombre une chair blanche au goût doux, légèrement vanillé, rappelant parfois l’artichaut ou l’asperge. Un profil gustatif qui ne laisse personne indifférent.
On la sème directement en pleine terre de mars à mai, en rangs espacés d’une trentaine de centimètres. Elle demande un sol profond et meuble pour que ses racines, qui peuvent dépasser trente centimètres, se développent correctement. La récolte a lieu à l’automne de la première année ou au printemps de la suivante.
Sa préparation demande un peu de patience : il faut éplucher les racines sous l’eau pour éviter que la sève laiteuse ne noircisse les doigts. Blanchie, puis sautée au beurre ou nappée de sauce béchamel, la scorsonère révèle toute sa finesse et justifie amplement l’effort consenti.
Le cerfeuil tubéreux, un trésor printanier
Cousin du célèbre cerfeuil aromatique, le cerfeuil tubéreux est une plante potagère totalement tombée dans l’oubli. Pourtant, ses petits tubercules blancs, à la saveur sucrée et parfumée évoquant la châtaigne et la vanille, en font un légume d’exception. Les chefs de cuisine gastronomique l’ont redécouvert depuis quelques années, et les jardiniers suivent naturellement le mouvement.
Sa particularité est de se planter à l’automne pour être récolté au printemps suivant. Les tubercules hivernent dans le sol et se récoltent entre mars et mai, avant que la plante ne monte en graines. C’est l’un des rares légumes racines à offrir une récolte printanière, ce qui en fait un atout précieux pour combler le creux entre deux saisons de jardinage.
En cuisine, il s’apprécie cuit à la vapeur, rôti, en purée ou en accompagnement de viandes blanches. Sa douceur naturelle en fait également un ingrédient surprenant dans les desserts, à la manière de la patate douce.
La roquette sauvage, une piquante renaissance
Si la roquette cultivée est aujourd’hui bien connue, sa cousine sauvage reste encore peu présente dans les potagers amateurs. Plus petite, aux feuilles plus découpées, la roquette sauvage développe un goût bien plus prononcé, presque poivré, qui fait la joie des amateurs de saveurs intenses. Elle est également plus rustique et résiste mieux à la chaleur et aux maladies.
Elle se sème dès le mois de mars, en lignes ou à la volée, dans n’importe quelle exposition. La levée est rapide, en une à deux semaines, et les premières feuilles peuvent être récoltées seulement un mois après le semis. Elle remonte facilement à graine si on la laisse fleurir, ce qui garantit une présence quasi permanente dans le jardin.
On l’utilise en salade, bien sûr, mais aussi en pesto, sur une pizza juste sortie du four ou en garniture de tartines au fromage de chèvre. Une plante généreuse et délicieuse qui mériterait une place dans chaque potager.
Le chou-rave, le légume aux mille visages
Avec sa silhouette extraterrestre et ses teintes vertes ou violettes, le chou-rave est l’un de ces légumes qui suscitent la curiosité avant même d’être goûtés. Pourtant, il était autrefois très répandu dans les jardins potagers d’Europe centrale et du Nord. Sa chair croquante, juteuse et légèrement sucrée rappelle le cœur de chou blanc, en bien plus tendre.
Il se plante en mars sous serre ou en avril directement en pleine terre, en espacant les plants d’une vingtaine de centimètres. La croissance est rapide, et on peut commencer à récolter les bulbes deux mois après la plantation. Il supporte bien les températures fraîches et peut même rester en terre plusieurs semaines sans se détériorer.
On le consomme volontiers cru, coupé en bâtonnets pour tremper dans une sauce ou râpé en salade. Cuit à la vapeur ou sauté au wok, il garde une texture agréable et absorbe bien les saveurs des sauces et épices. Un légume polyvalent qui mérite vraiment sa renaissance.
La tétragone, l’alternative méconnue aux épinards
Les amateurs d’épinards connaissent souvent la frustration de les voir monter en graines dès les premières chaleurs estivales. La tétragone, ou épinard de Nouvelle-Zélande, résout ce problème avec élégance. Cette plante couvre-sol produit des feuilles charnues tout au long de l’été, là où les épinards classiques ont depuis longtemps rendu les armes.
On la sème à partir de la mi-avril, après avoir fait tremper les graines dans l’eau tiède vingt-quatre heures pour accélérer la germination. Elle s’étale généreusement sur le sol et peut couvrir un mètre carré par plant. Une seule ou deux plants suffisent pour une famille, tant sa production est abondante.
Ses feuilles se préparent exactement comme des épinards : sautées à l’ail et à l’huile d’olive, en garniture de quiches ou de gratins. Légèrement plus fermes que les épinards classiques, elles conservent une belle texture à la cuisson. Une plante productive, facile et quasiment sans entretien.
Pourquoi ce retour aux sources séduit autant les jardiniers
Au-delà de la simple curiosité, ce mouvement vers les légumes anciens traduit une aspiration profonde à renouer avec une alimentation plus authentique et diversifiée. Ces variétés oubliées ont souvent survécu précisément parce qu’elles étaient robustes, adaptées aux conditions locales et peu exigeantes en intrants. Elles s’inscrivent parfaitement dans une démarche de jardinage naturel et raisonné.
La dimension culturelle et patrimoniale joue également un rôle important. Planter un panais ou un cerfeuil tubéreux, c’est renouer avec des siècles d’histoire jardinière, perpétuer des savoirs anciens et contribuer à la préservation de la biodiversité cultivée. Des associations et des semenciers spécialisés travaillent d’ailleurs activement à la sauvegarde de ces variétés menacées de disparition.
Enfin, il y a tout simplement le plaisir de la découverte et de la surprise. Cultiver des légumes que ses voisins ne connaissent pas, initier ses enfants à des goûts inattendus, partager ses récoltes et ses recettes : autant de petites joies qui font du jardinage bien plus qu’un simple passe-temps. Ce printemps, laissez donc une place dans votre potager à ces vieux compagnons qui n’attendent qu’une chose : revenir à la lumière.
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